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Des néonicotinoïdes

18 Mars, 2016; Humanite.fr

Les néonicotinoïdes sur le chemin d’une interdiction définitive ?

En deuxième lecture du projet de loi biodiversité, les députés ont adopté jeudi dans la soirée, un amendement interdisant les néonicotinoïdes. Mais le Sénat les suivra-t-il sur cette voie ?

La bataille fut âpre, et de longue durée. Mais jeudi soir, les députés ont tranché : les néonicotinoïdes, famille d’insecticides reconnue nocive pour les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l’environnement et même la santé devront être interdits à partir du 1er janvier 2018. C’est en commission, à 30 voix contre 28 que cet amendement a été pris. Reste à savoir si devant le Sénat, nous n’assisterons pas encore à un coup de théâtre. Car depuis 2015, le combat est rude. En effet, une interdiction des néonicotinoïdes avait été adoptée devant l’Assemblée avant que les sénateurs reviennent sur cette mesure, préférant une proposition moins précise dans laquelle ils souhaitaient s’en remettre au ministère de l’agriculture pour déterminer, plus tard, leurs « conditions d’utilisation » en tenant compte des « conséquences sur la production agricole ».

"Combats d'arrière-garde"
Il est vrai que ce dossier brûlant et divise jusqu’au gouvernement. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait d’ailleurs adressé la semaine dernière une lettre aux députés, pour les amener « à ne pas procéder à des interdictions brutales au seul niveau français, qui pourraient désavantager les agriculteurs par rapport à leurs homologues européens. » Ce à quoi, la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a répondu et exprimé sa surprise au sujet de la méthode, la qualifiant de « combats d'arrière-garde. »

Soulagement du côté des ONG...
Quoi qu’il en soit ce vote en commission a été accueilli avec une certain soulagement du côté des ONG et des députés écologistes qui s’élevaient contre l’utilisation de ses néonicotinoïdes dont des centaines d’études scientifiques ont démontré la nocivité sur les abeilles et pollinisateurs sauvages, mais aussi sur les invertébrés aquatiques et terrestres, les poissons, les oiseaux et finalement l'être humain.
Seul bémol à ce satisfecit, la Fondation Nicolas Hulot qui saluait évidemment l’interdiction regrettait que l’application ne se fasse pas avant 2018, alors qu’elle était prévue en 2017 et se promettait de rester vigilente: « Nous restons mobilisés pour que cette interdiction soit maintenue jusqu’à l’adoption finale de la loi pour la reconquête de la biodiversité et appelons les sénateurs à faire preuve de la même responsabilité. » eric serres

L’UE DOIT INTERDIRE COMPLETEMENT CE TYPE DE PESTICIDES