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Bisphénol A

23/06/2010, Le Point

La vente de biberons au bisphénol A interdite en France

Le Parlement français a décidé de suspendre la commercialisation de biberons produits à base de bisphénol A, un composé chimique de synthèse. Les députés ont adopté par 364 voix contre zéro, sans la modifier, une proposition de loi des sénateurs radicaux de gauche que la haute assemblée a adoptée à l'unanimité le 24 mars. Le texte est ainsi définitivement adopté par le Parlement. Tous les groupes de l'Assemblée nationale ont voté pour à l'exception du Nouveau Centre (NC) qui s'est abstenu, jugeant le texte "insuffisant".
Le texte propose de suspendre "la fabrication, l'importation, l'exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de biberons produits à base de bisphénol A". Ce composé chimique organique de synthèse entrant dans la fabrication du polycarbonate et de certaines résines est susceptible d'être impliqué dans divers problèmes de santé - cancer, diabète, atteinte à la reproduction ou troubles neurocomportementaux - y compris à des valeurs inférieures aux doses admises par la réglementation européenne, affirme le député PS Gérard Bapt, rapporteur de cette proposition de loi.

La législation susceptible d'évoluer encore
Plusieurs communes en France, comme Paris ou Besançon ou bien encore Saint-Jean en Haute-Garonne, ville dont le maire est Gérard Bapt, ont déjà interdit dans leurs crèches l'utilisation de biberons contenant ce produit. Plusieurs amendements ont été rejetés comme celui qui proposait d'interdire à compter du 1er janvier 2012 l'ensemble des plastiques alimentaires contenant du bisphénol A comme c'est déjà le cas au Canada, au Danemark ou bien encore dans certains États des États-Unis comme le Connecticut. Au nom du gouvernement, Valérie Létard, secrétaire d'État, s'est engagée, comme le prévoit la proposition de loi, à faire le point en janvier prochain devant le Parlement sur l'utilisation du bisphénol A afin de "décider, sur la base des éléments dont nous disposerons, de l'opportunité d'aller vers une évolution de la réglementation de ce produit".

11 mai 2010, Ouest France

Fin programmée pour les biberons au Bisphénol A

Les députés ont voté pour l'arrêt de leur commercialisation. Cette substance chimiquepeut avoir des conséquences sur le développement des nourrissons.

Ça sent le roussi pour le Bisphénol A (BPA). Depuis plusieurs années, cette substance chimique fait l'objet de toutes les attentions de la communauté scientifique, de plus en plus inquiète sur ses conséquences pour la santé. Ce produit très décrié entre notamment, depuis 1960, dans la composition des biberons en plastique, mais aussi dans les revêtements qui tapissent l'intérieur des cannettes de boisson et des boîtes de conserve.
Lorsque ces récipients sont chauffés, le Bisphénol A se libère et peut-être ingéré. Des analyses effectuées aux États-Unis ont montré qu'il était présent dans les urines de 90 % de la population. Et alors ? Le BPA fait partie de la famille des perturbateurs endocriniens. Des études menées sur le rat ont montré qu'il pouvait avoir des conséquences sur le développement du cerveau et des organes génitaux à la période de la fin de grossesse et des premiers jours qui suivent la naissance. Par ailleurs, le Bisphénol A, ingéré par la mère, peut aussi se transmettre in utero au bébé. À un moment où les organes en développement sont le plus sensibles...

Loi Grenelle 2
En 2009, les chercheurs de l'Inra de Toulouse ont aussi démontré, toujours chez le rat, que le Bisphénol A agissait sur l'intestin, notamment sur l'épithélium. Il diminue la perméabilité de cette voie d'échange de l'eau et des sels minéraux et occasionne des rétentions.
Après le Sénat, qui avait adopté, à l'unanimité, une proposition de loi visant à suspendre la commercialisation des biberons contenant du BPA, les députés viennent d'en faire autant. Dans le cadre de la loi Grenelle 2, ils ont voté, vendredi soir, un amendement identique, à l'initiative de Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne. « J'en avais déposé deux. Le premier demandait, à l'instar de ce qui s'est fait au Danemark, l'interdiction pure et simple des produits destinés aux enfants de moins de 3 ans contenant du Bisphénol A. Il a été retoqué. En revanche, le deuxième concernant les biberons a été voté sans même être discuté. »
Voulu par les députés et les sénateurs, ce texte ne sera pas remis en question. Mais il est désormais soumis au calendrier du vote définitif et de la promulgation de la loi Grenelle 2 qui devrait intervenir dans les mois à venir. Depuis 2009, dans sa commune de Saint-Jean, Gérard Bapt a pris les devants. « J'ai utilisé mon pouvoir de maire pour faire interdire la vente dans les pharmacies et les grandes surfaces des biberons au Bisphénol A. » Philippe LEMOINE.

Voir aussi :
· LE BISPHÉNOL A : il faut relever les seuils de tolérance
· On retrouve du bisphénol A à peu près partout
· Plastics industry behind FDA research on bisphenol A, study finds