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Cyberaction

Greenpeace Belgique, 27/01/2004

Non au colza transgénique de Bayer

Agissez sans attendre: envoyez un courrier aux ministres responsables

La firme allemande de biotechnologies Bayer a introduit auprès de la Belgique une demande d’autorisation pour la culture de colza OGM en Europe. C’est à présent au gouvernement belge de décider s’il satisfait ou non à cette demande.

Une vaste étude comparative a été récemment réalisée en Grande-Bretagne. Se basant sur ses résultats, des scientifiques ont établi que la culture de colza transgénique pouvait être préjudiciable à l’environnement. Ils ont entre autres démontré qu’abeilles et papillons étaient moins bien représentés dans les cultures transgéniques que dans les cultures bio ou conventionnelles.

Ceci s’expliquerait par la raréfaction des mauvaises herbes et des plantes sauvages. Ces études ont également permis de démontrer que les graines de mauvaises herbes – qui constituent un garde-manger hivernal appréciable pour de nombreux oiseaux, insectes ou petits mammifères – sont également plus rares.

Le pollen de colza se disperse sur des kilomètres. Si la culture de colza transgénique est autorisée en Europe, il existe un risque réel de contamination du colza traditionnel ou biologique par la variété transgénique de cette plante. Ce qui représenterait une menace pour les agriculteurs n’ayant pas choisi l’option OGM. En Europe poussent également des variétés sauvages de colza que la culture de colza transgénique viendrait menacer.

Le Conseil de biosécurité belge a rendu, à nos ministres, un avis attestant des problèmes liés à la demande d’autorisation introduite par Bayer.

Adressez-vous aussi un courrier à Madame Freya Van den Bosse, ministre de l’Environnement et Monsieur Rudy Demotte, ministre de la Santé publique pour leur demander d’interdire en Europe, le colza transgénique de Bayer. Cette demande est urgente. Les ministres ont jusqu’au 2 février 2004 pour se prononcer sur le dossier.

Comment? En utilisant par exemple la lettre type qui se trouve à l’adresse http://act.greenpeace.org/cl2/be/fr/index.htm

ou bien sur http://www.greenpeace.be

La Libre Belgique:

Des réserves sur le colza transgénique

Le conseil de biosécurité émet un avis circonstancié mais réservé sur le colza de de la firme Bayer. Le dossier d'implémentation présenterait des carences en matière de biosécurité. La ministre doit maintenant se faire son propre avis.

Fumée blanche. Après une après-midi intense de discussions, le conseil
de biosécurité a fini par s'accorder sur un avis (un deuxième porte sur une étude anglaise «farm scale») au sujet de la demande - introduite par
la firme Bayer - d'une commercialisation d'un colza transgénique rendu résistant à un herbicide, le glufosinate (cf. LLB du 26/01). Le texte sera disponible sur le site du conseil une fois que la ministre de l'Environnement, Freya Van den Bossche, en aura pris connaissance.

La tâche n'était pas simple pour les membres du conseil, amenés à plancher sur pas moins de quatre propositions de rapport final, chacune rédigée par des membres différents. Souhaitant réserver la primeur de sa position aux ministres concernés, le conseil de biosécurité se voulait plutôt avare de commentaires lundi soir sur la teneur de ses travaux.

Calendes grecques

Toutefois, selon une source proche du dossier, le contenu de l'avis aurait été adopté à «l'unanimité». Il se veut circonstancié et émettrait «plusieurs réserves» sur une implémentation du colza transgénique Bayer.

Du moins, le conseil établirait une série de conditions assez strictes quant à une éventuelle implémentation du colza de Bayer. «Or, ces conditions sont matériellement impossibles dans un avenir proche en Belgique, ce qui renvoie formellement le projet de Bayer aux calendes grecques», analyse une source autorisée.

Le conseil épinglerait ainsi des lacunes en matière de biosécurité, en raison notamment d'une absence de pratiques agricoles assez strictes, et « donc cela pourrait avoir d'éventuelles répercussions sur la biodiversité ». Il formulerait également une série de considérations et de recommandations plus générales, en s'attardant notamment sur le problème encore non résolu de la coexistence entre cultures transgénique et traditionnelle. La question fait en effet encore antichambre à la Commission européenne où elle divise les Etats-membres entre partisans d'une réglementation communautaire et supporters d'une législation nationale.

Officiellement, la ministre de l'Environnement, Freya Van den Bossche, devra maintenant arrêter son propre avis - celui du conseil ne revêt en effet qu'une seule valeur consultative et informative - en concertation avec son collègue Rudy Demotte, ministre de la Santé publique. Mais il est fort probable que la ministre de l'Environnement se contentera de suivre l'avis du conseil, du moins si ce dernier lui paraît assez éclairé et ne se perd pas trop en conjectures. «Sinon, elle demandera au conseil de retravailler sur son avis de manière à ce qu'il soit plus tranché», murmure-t-on dans l'entourage de la ministre. Freya Van den Bossche doit maintenant sortir du bois d'ici le 2 février prochain si elle veut que la demande de Bayer poursuive son long périple européen, avant d'obtenir le nihil obstat final.

L'avis du conseil revêt une importance toute particulière car il pourrait faire endosser à la Belgique une sérieuse responsabilité: celle de poser le premier jalon d'une commercialisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le territoire européen. Depuis l'adoption de deux directives européennes, 30 OGM - dont 22 plantes et 8 aliments - sont «dans les tuyaux» de la procédure européenne dans divers Etats- membres, en attente d'autorisation.