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Interdiction totale du Gaucho?

Le Figaro, 18 mars 2004

Le Conseil d'Etat va se prononcer vers une interdiction totale du Gaucho?

"Les apiculteurs qui réclament l'interdiction du Gaucho, accusé de décimer les abeilles, sont-ils en passe d'obtenir gain de cause ? Ils ont en tout cas marqué un point, hier, lors de l'examen par le Conseil d'Etat de requêtes de l'Union nationale de l'apiculture française et de deux autres syndicats d'apiculteurs.

Le commissaire du gouvernement, François Séners, a réclamé l'annulation du maintien de l'insecticide pour traiter le maïs décidé par le ministre de l'Agriculture en janvier 2003. Il estime qu'Hervé Gaymard a utilisé une "méthode erronée" pour apprécier les risques du Gaucho et lui enjoint de "se prononcer sur la demande d'abrogation dans un délai d'un mois". "Les apiculteurs soupçonnent l'imidaclopride d'être l'un des facteurs du mal qui décime les essaims d'abeilles, a rappelé François Séners. Cette substance, particulièrement efficace contre plusieurs variétés d'insectes qui s'attaquent aux cultures, a été autorisée au début des années 90 pour le traitement des betteraves, du maïs et du tournesol."

Alors qu'il est interdit pour le tournesol depuis 1999, ce produit commercialisé par la société Bayer est toujours utilisé pour le maïs, sauf dans les zones d'observation créées afin de mener des études sur les causes de la diminution des colonies d'abeilles. Pour prendre sa décision de maintenir l'autorisation du Gaucho pour les plantations de maïs, le gouvernement s'est notamment appuyé sur les recommandations du Comité d'homologation des produits phytosanitaires et sur les conclusions du rapport de la Commission d'étude de la toxicité des produits antiparasitaires à usage agricole qui a jugé que le Gaucho n'était pas seul responsable de la diminution des colonies d'abeilles. Pourtant, "le danger de l'imidaclopride pour les abeilles fait l'unanimité, insiste le commissaire du gouvernement. Même le fabricant du Gaucho admet que le produit affecte le système nerveux de ces insectes qui, à des niveaux élevés de contact ou d'ingestion, perdent leur capacité d'effectuer leur travail de butineuses et meurent".

L'arrêt du Conseil d'Etat est attendu dans une quinzaine de jours, mais l'Union des apiculteurs "se réjouit d'ores et déjà de cette nouvelle victoire pour l'apiculture". D'autant que les conclusions du commissaire du gouvernement sont généralement suivies par les Sages du Palais-Royal."