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Pires entreprises

Janvier 2002

Sur la liste des pires entreprises de l'année 2001, Bayer occupe une place de choix

La revue spécialisée américaine Multinational Monitor a placé Bayer sur sa liste des pires entreprises de l'année 2001. Cette liste comprend des firmes, «qui trompent les consommateurs, polluent l'environnement et méprisent les droits des travailleurs». L'entreprise obtient cette distinction douteuse à peine trois semaines avant son entrée en bourse le 24 janvier, entrée en bourse qui fut repoussée à plusieurs reprises.

Le Multinational Monitor cite plusieurs scandales, qui ont fait que la multinationale fasse partie de la liste pour la première fois: après les attaques à l'anthrax, Bayer demanda des milliards au gouvernement américain en échange d'antibiotiques, bien que le prix de revient de ces médicaments ne corresponde qu'à un faible pourcentage de cette somme. Simultanément, l'entreprise payait plusieurs centaines de millions de dollars à des firmes concurrentes, afin que celles-ci ne mettent aucun produit similaire, mais moins cher, sur le marché.

En août, Bayer a retiré l'anticholestérol Lipobay (commercialisé en France sous le nom de Staltor ou Cholstat) du marché, parce que ce médicament était mis en relation avec au moins 52 décès. Depuis des années, Bayer connaissait les risques encourus par les patients, mais c'est seulement face à la menace des autorités de surveillance américaines qu'elle a stoppé la vente de ce médicament. La chûte du cours des actions qui en suivit, eut pour conséquence de retarder la quotation à la bourse de New-York.

L'administrations américaine de la santé FDA a demandé à Bayer de stopper la vente d'antibiotiques vétérinaires identiques aux antibiotiques utilisés en médecine humaine. Bayer refuse de répondre à cette exigeance. Or défenseurs des consommateurs et médecins craignent que, d'ici quelques années, ces substances ne puissent plus être utilisées en médecine humaine en raison du phénomène de résistance aux antibiotiques.

La dernière raison évoquée pour expliquer la place de Bayer sur la liste tient au comportement de la multinationale face à ses opposants: l'été dernier, elle a menacé "la Coordination contre les dangers liés à Bayer" de lui faire un procès et de requérir des peines sévères parce celle-ci avait propagé des informations à caractère critique sur Internet. De l'avis de Multinational Monitor, ces tentatives d'intimidation ne contribueront pas à redorer le blason de l'entreprise.

Pour de plus amples informations sur Bayer SA: www.CBGnetwork.org
Pour la liste complète publiée par Multinational Monitor: www.essential.org/monitor