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Assemblée Générale

Communiqué de presse du 20 mars 2006
Coordination contre les méfaits de BAYER

Des contre-propositions critiques pour l'Assemblée générale de Bayer

La Coordination contre les méfaits de Bayer présente aujourd'hui des contre-propositions à l'occasion de l'Assemblée Générale de Bayer qui se tiendra le 28 avril à Cologne. Y sont attendues de nombreuses voix critiques, aussi bien allemandes qu'étrangères. Les points abordés porteront pour l'essentiel sur l'alimentation génétiquement modifiée, le travail des enfants chez les sous-traitants indiens ainsi que les ententes illicites avec des entreprises concurrentes.

Détail des contre- propositions :

Contre-proposition au TOP 2 : le Comité directeur ne peut être exonéré de ses responsabilités

Motif invoqué : l'an dernier , l'entreprise BAYER a été à l'origine de nombreuses infractions. Le Comité directeur en porte la responsabilité.

- Une fois de plus, Bayer a été convaincue l'an dernier d'entente illicite sur les prix. Rien qu'aux Etats-Unis, l'entreprise a dû rétrocéder 275 millions d'euros. En outre l'UE a condamné Bayer à une amende de 57,9 millions d'euros pour entente illégale sur les prix de composants du caoutchouc. Visiblement ces pratiques sont couvertes par le CD qui ne semble pas consciente de leur illégalité. Il est à craindre que la plupart de ces pratiques délictueuses ne soient jamais découvertes, dans la mesure où la note est payée par les consommateurs et les pouvoirs publics.

- En novembre 2005, 3500 employés de Bayer Industrial Service (BIS) ont entamé un mouvement de protestation. Depuis des années des secteurs rentables, mais dont les profits ne correspondent pas aux attentes du CD sont systématiquement mis sur la touche, puis fermés ou vendus. Ce fut le cas chez Dystar, Agfa et Lanxess; maintenant c'est le tour de BIS. D'ores et déjà, ce sont des milliers d'emplois qui ont été détruits, de nombreux employés craignent pour leur survie au moment où la maison-mère accumule les profits par milliards.

- D'après une étude publiée par le New England Journal of Medicine, le TRASYLOL, médicament mis au point par Bayer, présente des risques importants pour la santé. Les effets secondaires, qui peuvent être mortels, vont de la déficience rénale à l'infarctus en passant par les AVC (accidents vasculaires cérébraux). Selon cette étude c'est chaque année à 10 000 patients environ que l'abandon du traitement des affections cardiaques par le Trasylol épargnerait des problèmes rénaux et un recours obligatoire à la dialyse. On estime à 300 par an le nombre de cas mortels pour la seule République fédérale. Aux USA, des avocats préparent des dépôts de plainte collective. Bayer porte une responsabilité dans le grand nombre de décès et de très graves atteintes physiques. La firme doit s'assurer que ses produits ne présentent aucun danger et en cas contraire les retirer immédiatement du marché.

- L'étude publiée en 2003 par la Coordination contre les méfaits de Bayer " Travail des enfants dans les champs de coton en Inde " dévoile l'exploitation du travail des enfants par les multinationales semencières. Bayer a fait savoir qu'elle exigerait de ses sous-traitants le remplacement de la main-d'œuvre enfantine par des adultes. Cependant, en 2005, ce sont encore 500 enfants environ qui ont participé aux semailles chez ces sous-traitants. Les enfants sont exposés à des pesticides toxiques pour un salaire de moins d'un euro par jour. Il est inacceptable que Bayer ne réussisse pas à régler ce problème et continue à tirer profit de l'exploitation des enfants.

Contre-proposition au TOP 3 : Le Conseil de surveillance ne doit pas être exonéré de ses responsabilités :

Motif invoqué : le Conseil de surveillance ne s'acquitte pas correctement de ses fonctions de contrôle et ne peut en être dédouané. Ci-dessous des exemples de politiques anti-environnementales menées par la firme avec l'accord du Conseil :

- Il y a des décennies que l'effet hormonal du Bisphénol A est connu. Cependant Bayer, le plus gros fabricant allemand de ce produit, en minimise les dangers et fait du lobbying politique contre l'interdiction des emplois à risque de cette molécule. Une étude parue en décembre démontre que même à très petite dose, ce produit peut avoir une influence néfaste sur le développement du cerveau des nourrissons. Néanmoins le Bisphénol A est toujours présent dans les emballages de produits alimentaires et les biberons.

- Bayer persiste à demander à l'UE d'autoriser l'importation d'un riz transgénique. Cette espèce de riz, résistante aux herbicides, est destinée à la consommation humaine et présente un risque à ce jour non évalué pour l'environnement et la santé humaine. Autoriser l'importation de riz transgéniques en Europe reviendrait à permettre à Bayer et à d'autres firmes bio-tech de promouvoir la culture de ces riz génétiquement modifiés dans les pays en développement ce qui pourrait conduire à une contamination génétique des variétés existantes, porter atteinte à la biodiversité et à terme mettre en danger la principale ressource vivrière du Tiers-Monde.

- Une enquête publiée par l'Edwards Institute (USA) établit que Bayer utilise, pour produire le Glucobay (un médicament contre le diabète), une bactérie originaire du lac Ruiru, au Kenya. Malgré l'importance (280 millions d'euros par an) du chiffre d'affaires généré par le Glucobay , l'Afrique de l'Est ne perçoit pas un centime à ce titre. Ce qui revient à dire que Bayer ne respecte pas la convention onusienne sur la biodiversité prescrivant qu'en pareil cas, les pays d'origine perçoivent une part appropriée des bénéfices.

- Bayer est un des principaux consommateurs et pollueurs d'eau en Allemagne. Elle rejette chaque année sous forme d'effluents liquides 830 tonnes de phosphore, 2 800 tonnes d'azote, 1 million de tonnes de sels inorganiques, 73 tonnes d'organochlorés et environ 28 tonnes de métaux lourds. La firme utilise chaque jour environ 2,3 millions de m3 d'eau. L'usine de Leverkusen produit à elle seule deux fois plus d'effluents liquides que la ville voisine de Cologne, qui compte million d'habitants. La plupart des usines appartenant à la firme puisent dans des nappes phréatiques d'excellente qualité sans même acquitter de taxes, au nom " d'anciens droits à l'eau ."

- En août 2005 la Food and Drug Administration (FDA) américaine a interdit aux éleveurs de volailles l'utilisation de l'antibiotique vétérinaire Baytril, afin de stopper la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques. Il y a déjà 5 ans que la FDA avait demandé le retrait du marché des spécialités vétérinaires douteuses. Le seul fabricant à n'avoir pas obtempéré était justement Bayer. Entre-temps la résistance des bactéries aux antibiotiques a poursuivi sa progression : la tactique dilatoire de Bayer porte une part de responsabilité.

- Les autorités australiennes ont découvert dans une livraison de colza destinée au Japon la variété transgénique Topaz 19/2, produite par Bayer. Il y a quelques années, dans l'Etat du Victoria, Bayer avait procédé à des essais en plein champ de variétés résistantes aux herbicides. Actuellement, les agriculteurs australiens craignent de perdre leurs débouchés puisque nombre de pays refusent les produits transgéniques pour l'alimentation humaine. Aujourd'hui encore, Bayer persiste dans son refus d'endosser la pleine responsabilité pour ses produits, de dédommager les agriculteurs pénalisés à l'exportation et de supporter les coûts d'analyses supplémentaires.