deutsch
english
francais
italiano
espanol
Photo
Colza / Canada

Coordination contre les méfaits de Bayer
Communiqué de presse du 6 septembre 2005

Au Canada: une plainte collective déposée par des agriculteurs bio déclarée recevable

Monsanto et Bayer doivent répondre d'une contamination génétique

La Cour de Justice de l'Etat fédéral du Saskatchewan, au Canada, a déclaré recevable une plainte collective déposée contre les multinationales Monsanto et Bayer CropScience par environ un millier de paysans pratiquant l'agriculture biologique. Les paysans demandent un dédommagement pour des pertes de recettes dues à la contamination de leurs récoltes de colza par des variétés génétiquement manipulées. Les plaignants sont soutenus par l'organisation environnementaliste Organic Agriculture Protection Fund.

Selon Larry Hoffmann, l'un des deux initiateurs de la plainte: " Un paysan comme moi ne peut pas se permettre d'engager une procédure contre une entreprise comme Monsanto, même si celle-ci met en péril ses moyens d'existence. Mais l'union fait la force: si nous déposons une plainte collective, nous pourrons amener ces entreprises à répondre de leurs agissements. "

Les colzas génétiquement manipulés sont cultivés dans de vastes régions d'Amérique du Nord. La modification génétique rend le colza résistant à un herbicide donné. Bayer et Monsanto assurent ainsi un débouché commercial à leurs produits toxiques. Mais le pollen de colza génétiquement modifié peut être transporté sur plusieurs kilomètres, que ce soit par le vent ou par des insectes, et féconder des colzas traditionnels. C'est pourquoi il est pratiquement impossible en Amérique du Nord de cultiver du colza non OGM. De ce fait, les paysans qui travaillent en conventionnel ont perdu leurs marchés à l'exportation, puisque dans la plupart des pays du monde, c'est un colza non OGM que l'on demande.

Selon Philipp Mimkes de la Coordination contre les méfaits de Bayer: " La dissémination incontrôlée de plantes génétiquement modifiées n'est pas un accident; des entreprises comme Bayer ou Monsanto l' ont passée par profits et pertes en toute connaissance de cause. Les paysans perdent ainsi toute possibilité de pratiquer une culture exempte d'OGM. A plus long terme, le consommateur sera obligé de se nourrir de plantes OGM. " Depuis 25 ans, la Coordination dénonce ces méfaits dont le groupe Bayer doit répondre.

A l'heure actuelle, des paysans se battent aussi en Australie contre la pollution de leurs récoltes par les colzas transgéniques de Bayer. En juillet, des livraisons de colza australien au Japon ont dû être arrêtées du fait de contaminations de cet ordre.

Au Canada il existe déjà des plantes résistantes à trois herbicides différents. C'est pourquoi la Royal Society canadienne craint que ne se naturalise une forme résistante de colza ; celle-ci pourrait devenir au Canada le problème majeur en matière de " mauvaises herbes".
Traduction de Didier AVIAT

Organic Agriculture Protection Fund (en anglais): http://www.saskorganic.com/oapf

LE MONDE, 07.09.05

Canada : procès pour contamination au colza

Un problème majeur posé par les cultures transgéniques est le risque de contamination des champs voisins cultivés de manière conventionnelle ou en agriculture biologique. Au Canada, où le colza est dans une très grande proportion transgénique, un millier d'agriculteurs biologiques ont déposé une plainte contre Monsanto et Bayer, qui commercialisent les semences de colza transgénique. La plainte a été jugée recevable le 30 août par la cour d'appel de l'Etat du Saskatchewan, dans l'ouest du pays. "Le cas soulève des points de droit nouveaux et potentiellement controversés" , a indiqué le juge Cameron. "La question n'est pas mineure, elle concerne l'indépendance et la survie de tous les paysans du monde" , affirme Dale Baudoin, un des plaignants.En France, les conditions de coexistence entre cultures OGM et non OGM doivent être réglées par le projet de loi annoncé pour la fin de l'année. La question de la responsabilité des producteurs en cas de contamination devrait être alors une des questions les plus discutées.